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teide01Avant même notre arrivée sur l’île, ce devait être l’évènement des vacances, un véritable défi pour nous, randonneurs inexpérimentés et sous-doués de l’orientation: L’Ascension du Pic du Teide, plus haut sommet d’Espagne qui culmine à 3718 mètres.

Bien qu’étant de bons sportifs, nous restons extrêmement prudents quand nous nous aventurons en montagne surtout depuis que nous avons découvert l’histoire de cette jeune marathonienne morte de déshydratation dans le Parc de Grand Canyon. Je vous en parlais ici, souvenez-vous!

Nous avions fait le plein d’équipement avant notre départ: Gourdes, Sac à dos et vêtements de randonnées, Barres vitaminée & fruits, couvertures de survie … J’avais juste oublié à la maison les deux guides que j’avais achetés pour l’occasion ainsi que le sésame pour parvenir au sommet dont l’accès est réglémenté. Mais cette fois-ci, la chance fût avec nous: Nous avons réussi à imprimer le document et le Visitor Center  nous a donné les informations nécessaires afin de trouver le départ de notre périple.

J’avais lu ici le témoignage enflamée d’une personne qui avait effectué l’ascension de nuit afin d’assister au lever du soleil depuis le sommet, spectacle exceptionnel s’il en est. Bien que transportée par les vives émotions de cette personne, je n’ai jamais envisagé de me lever au milieu de la nuit ni de grimper les parois de la montagne à la frontale, moi l’éternelle trouillarde qui, la trentaine passée, a encore peur du noir (Si si, c’est véridique!). Ascension nocturne ou pas, la nuit fût courte car l’hôtel étant relativement éloigné du point de départ, nous avons dû nous lever à l’aube. C’est après un petit déjeuner pantagruélique vite avalé que nous avons pris la route plutôt sinueuse et donc peu propice à la digestion, en direction de notre destin! Je regrette toujours d’être aussi « gourmande » avant les efforts sportifs. Craignant toujours l’hypoglycémie, j’ai tendance à me gaver avant le départ et à le regretter une fois l’effort commencé. La route sinueuse a failli m’être fatale!

Nous somme arrivés au point de départ après une grosse heure de route.

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La première surprise fût de constater que le parking n’était constitué que de quelques places. Une seule place était encore libre: Elle nous attendait. Cinq minutes plus tard, l’ascension commençait.

Nous avons choisi de gravir le Pic du Teide par le chemin le plus emprunté, celui qui débute par l’ascension de la Montana Blanca qui culmine à 2748 mètres. Le début de la randonnée se fait sur un chemin large et peu pentu, au beau milieu d’un paysage lunaire. Nous atteignons cette première étape sans trop de difficulté, la montre indique que nous avons parcouru 5 kilomètres en 1h15.

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C’est à partir de là que les choses sérieuses commencent: Au revoir la randonnée, bonjour l’ascension. Nous laissons derrière nous le chemin large et peu pentu et le paysage lunaire pour un étroit sentier en lacet à la pente très prononcée au milieu d’une colonnie de genêts, on se croirait presque sur le Sentier des Douaniers en Bretagne. Après 2 kilomètres d’efforts soutenus, nous atteignons le Refuge Altavista, nous sommes désormais à 3260 mètres d’altitude. Je sens la fierté m’envahir, moi qui suis tout sauf brave, qui ai terriblement peur du froid et qui suis si sensible au vertige.

Mais je n’ai pas trop le temps d’y réfléchir car nous entamons immédiatement la dernière partie deteide11 l’ascension. Le paysage devient alors complètement surréaliste, nous grimpons au beau milieu d’une coulée de lave (très bien aménagée ceci dit en passant). Un véritable chaos de roches volcaniques tellement enchevêtrées qu’il est impossible de deviner à l’avance le tracé du sentier. La fatigue commence à se faire sentir et le moral commence à flancher. Et si, je n’y arrivais pas? Il est clair maintenant que nous ne redescendrons pas à pieds, je crains de me faire mal au genou et de compromettre ainsi la fin de ma saison de Running.

Mes sentiments à l’arrivée à la Rambleta (3555 mètres), la station d’arrivée du Téléphérique, sont partagés. D’un côté je suis soulagée car la pente est nettement moins marquée et mes douleurs aux cuisses s’estompent pour pratiquement disparaître et de l’autre je suis très déçue de me retrouver au milieu de la foule qui est arrivée là avec le téléphérique. Difficile de savourer mon exploit au milieu de poupées russes en talons et de leur mari plus que bedonnants aux visages rouge écarlate qui ne parlent pas mais hurlent.

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Heureusement l’accès au sommet est réglementée et la plupart des « touristes » (Celles qui sont en robes et talons et ceux qui sont en short de bain et en tongs …) resteront juste quelques minutes aux abords de la station du téléphérique. Seule inquiétude, nous sommes arrivés bien en avance par rapport à l’horaire que nous avons réservé pour terminer l’ascension. Nous allons quand même demander si nous pouvons monter maintenant. Le garde nous donne le feu vert: Nous avons 1h30 pour atteindre le sommet et redescendre au niveau de la barrière. Le chemin est pavé mais extrêmement raide, pratiquement infranchissable pour les personnes ventrues ou agées. Les derniers mètres se font au milieu des fumerolles sulfureuses. Je ne saurais vous décrire cette sensation que l’on a en passant la main près des roches dont s’échappe un mince filet de fumée et en ressentant cette chaleur intense venue tout droit des entrailles de la Terre! Et cette vue à 360° à couper le souffle! Aucun nuage ne vient entraver ce spectacle magnifique. L’horizon semble ne plus être vraiment droit.teide14

Nous sommes au sommet de l’Espagne à 3718 mètres, au point le plus haut jamais atteint de toute notre existence et nous sommes chanceux car le sommet de quelques mètres carrés tout au plus est pratiquement désert. Nous engageons la conversation avec un groupe de jeunes russes afin qu’ils nous prennent en photos, histoire d’immortaliser l’instant.

teide17Voilà, c’est le moment de redescendre et d’affronter ce moment que je redoutais tant: Le voyage en téléphérique. Les premières secondes sont les plus stressantes puis la cabine glisse le long de la paroi et nous dépose délicatement au pied du volcan. Reste maintenant à retrouver notre voiture, qui est à 2 ou 3 kilomètres à vol d’oiseau. Il est 14h30. Habitués aux parcs américains et à leur système de navettes ultra-organisé permettant de rallier les principaux points de départ des randonnées, nous cherchons le bus qui va nous ramener à bon port. Rien n’est affiché et le vendeur de la boutique de souvenirs n’est pas très loquace. Le conducteur d’un car stationné sur le parking empli des voitures des personnes effectuant l’ascension en téléphérique nous fait le signe « 4 » à travers la vitre de son véhicule. Apparemment il n’y a qu’une seule navette qui partira à 16h et nous ne sommes même pas sûrs qu’elle sera dans le bon sens. Bref, nous optons donc pour le stop (Je pense à postériori que nous n’avons pas assez regarder Pékin Express :)). Fiasco total, nous ne savons pas où non placés ni à quel moment faire signe … On abandonne très rapidement et on décide de rallier la voiture en prenant la route plutôt dangereuse. Après quelques frayeurs, nous arrivons enfin à la voiture.

Mission accomplie: Nous avons vaincu le Pic du Teide!

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