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sto1C’était le grand rendez-vous Running de 2013 et un challenge tout particulier car il s’agissait de notre deuxième participation suite à la déroute de l’année dernière! Une première car nous avions jusqu’à présent pris soin de ne jamais courir deux fois le même marathon.

Avant de vous compter notre exploit, laissez moi vous raconter brièvement le cauchemar que nous avons vécu il y a de ça un an.

Tout avait mal commencé en ce vendredi 1er Juin, jour du départ. Comme je vous le racontais par ici, nous sommes arrivés à l’aéroport sans billet! Aussi incroyable que cela puisse paraître, nous avions bel et bien oublié de réserver notre vol. Qu’à cela ne tienne, vraiment décidés à en découdre dans les rues de la capitale suédoise, nous avons dégotté in extremis deux places et nous avions rallié le départ via EasyJet. Mais les ennuis ne faisaient que commencer: À l’arrivée, c’est un temps hivernal qui nous attendait. Des trombes d’eau accompagnées d’un vent glacial. Nous avons espéré jusqu’au dernier moment bénéficier d’une accalmie mais il n’en fut rien et c’est dans des conditions extrêmes que nous avons quand même pris le départ de cette course qui allait virer au cauchemar. Le froid a eu raison de notre préparation minutieuse et de notre détermination à franchir la ligne d’arrivée. Après avoir surmonté dignement la dernier difficulté du parcours (dont je vous reparlerai plus loin), je me suis écroulée au 38eme kilomètre, littéralement transie de froid! Incapable de courir, ni même de marcher! Seulement 4 minuscules kilomètres me séparaient de l’exploit …!!! Ce fut mon premier abandon sur une course et j’espère le dernier! J’en garde un souvenir douloureux tant ce fut une bataille rudement menée et un exploit qui m’a échappé de peu!

Nous nous étions jurés de revenir et de laver cet affront de Dame Nature.
Notre mission pour cette deuxième participation était de parvenir jusqu’à la ligne d’arrivée quoiqu’il arrive. Nous avions pourtant un objectif plus ambitieux, celui de battre à nouveau notre record personnel établi à Toulouse l’année dernière. Je vous en parlais très récemment, nous avions les moyens de faire une belle performance et c’est dans cet esprit que nous nous présentés sur la ligne de départ.

Une des particularités du Marathon de Stockholm c’est qu’il ne se court pas le dimanche matin aux aurores, obligeant les participants à un réveil extrêmement matinal, mais le samedi du temps de midi. Un vrai confort pour une sportive non matinale comme je le suis.

Dû au nombre important de concurrents, plusieurs départs sont donnés. Nous nous sommes élancés pour notre part a 12h10 sous les meilleurs auspices météorologiques (Ciel nuageux et température avoisinant les 20 degrés) sur le parcours de ce marathon, constitue de deux boucles à travers la ville.

La première est longue de 16km et traverse successivement les quartiers de Ostermalm (Quartier de l’ouest), Gamla Stan (Ile qui abrite le centre historique de Stockholm), Sodermalm (Quartier du sud) et Norrmalm (quartier du nord) avant de rejoindre le point de départ.
Après un départ tonitruant au son des nombreux « Heja » (« Allez! »), nous avons vite trouvé notre allure de croisière autour des 5’20/Km (Allure correspondant à un semi-marathon en 1h50 et un marathon en 3h40). N’ayant encore jamais tenu une telle allure sur une telle distance, nous avions prévu de la tenir Leloup longtemps possible et de ralentir si les jambes venaient à faiblir. Le parcours étant loin d’être plat, j’ai malheureusement rapidement commencé à avoir mal aux jambes.
La principale difficulté du parcours est la traversée du Pont de Vasterbron par deux fois. La première intervient au 9ème kilomètre et même si vous êtes encore parfaitement frais, il est impossible de ne pas ressentir une certaine appréhension en pensant qu’il faudra se hisser à son sommet une seconde fois au Kilomètre 34!

La deuxième boucle, qui démarre au Kilomètre 16, commence par un passage de 9km dans une partie très verte de la ville appelé Djurgarden. C’est à ce moment là où la pluie à fait son apparition. D’abord légère et plutôt agréable pour se renforcer et se transformer en véritable déluge! Je dois avouer que j’ai éprouvé à ce moment là un sentiment de désespoir, persuadée que l’histoire allait se répéter. Mais j’ai l’énorme chance de courir en binôme et mon partenaire a alors su trouver les mots pour que je me ressaisisse et que j’avance malgré la douleur et la pluie! Je suis parvenue non sans une certaine fierté a rallier certes a une allure réduite mais sans marcher le tant redouté Kilomètre 34 et son pont apparaissant désormais comme infranchissable!
Les derniers kilomètres furent un véritable calvaire. Alternant les phases de marche dynamique (Vive le Nordic Walking!) et course en Slow Motion, je n’avais qu’une idée en tête: Éviter à tout prix de me refroidir! Quand le ballon des 4h15 nous a rejoint (Celui qui était parti au 12h), nous avons tenté de nous accrocher, pour terminer en 4h05 mais nous avons du le laisser filer tant les crampes commençaient à pointer le bout de leur nez!
L’arrivée se joue dans le stade olympique qui a vu passer de nombreuses stars de l’athlétisme parmi lesquelles Blanka Bladic, spécialiste du saut en hauteur que j’admire autant pour sa beauté que pour son charisme! Les 300 derniers mètres de la course se font sur la piste entourée de gradins remplis de spectateurs survoltés avec en prime votre arrivée retransmise sur écran géant!
Si Red Bull donne des ailes, je vous garantis que le finish de cette course aussi! Une fois entrée en piste, mes douleurs ont miraculeusement disparues et c’est en sprint que nos avons fait notre tour de piste avant de franchir la ligne d’arrivée main dans la main, comme à notre habitude! Je ne sais pas vous, mais moi je trouve cela ultra romantique! Les sentiments les plus banals se transforment immanquablement en très fortes émotions après une telle épreuve faites d’autant de souffrances!
Difficile de contenir son émotion lorsque l’on vous passe l’imposante médaille autour du coup en vous glissant un petit mot en suédois. Je ne sais pas vraiment si j’ai pu retenir mes larmes tant la pluie tombait et que nous étions trempés de la tête aux pieds! Et dire que nous avions pris les lunettes de soleil et mis de la crème solaire avant le départ!!

Le bilan sportif est loin de ce à quoi nous aspirions car même si nous avons fait le premier semi- marathon en 1h50, nous avons carrément flanché sur la deuxième moitié en partie à cause du changement de temps mais pas uniquement. Nous finissons en 4h11, bien loin de nos espérances et de notre record sur l’épreuve. Mais nous l’avons bel et bien terminé en moins de 4h30, limite au delà de laquelle il aurait été à refaire!

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Même si j’ai annoncé au kilomètre 19 que je ne prendrai plus jamais le départ d’un marathon, je vous annonce que nous prendrons le départ du Marathon de Barcelone en mars prochain!

Maintenant place au repos et à la récupération … Je vous donne rendez-vous rapidement pour une article consacré à cette phase importante mais souvent négligée!

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