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lepasséJ’avoue avoir été conquise par la bande annonce et par le casting prometteur de ce film, moi qui ne raffole pas des films français. Le passé est l’oeuvre du réalisateur iranien Asghar Farhadi à qui l’on doit Une séparation que je n’ai point vu mais dont j’ai entendu le plus grand bien.

On y découvre une Bérénice Bejo (The Artist, OSS 117 – Le Caire nid d’espions) méconnaissable, mère de famille tourmentée vivant dans une petite ville de banlieue que j’ai reconnue dès les premières minutes du film (La personne qui m’accompagnait pourra témoigner en cas de besoin) puisqu’il s’agit de Sevran: La ville qui m’a vue grandir.

Elle doit gérer une situation particulièrement difficile. Elle revoit pour la première fois depuis quelques années son mari, Ahmad, qui arrive tout droit de son pays natal, l’Iran. L’heure n’est pas à la réconciliation puisqu’elle a refait depuis sa vie et souhaite régler une bonne fois pour toute la séparation (Rien à voir avec le précédent film du réalisateur) , en officialisant le divorce.

Mais tirer un trait sur le passé va s’avérer être beaucoup plus compliqué qu’elle ne le pensait et Ahmad va malgré lui se retrouvé mêler à tout cela, coincé entre le nouvel amant de sa femme, le mal être du fils de ce dernier ainsi qu’à l’incompréhension d’une de ses ex-belles-filles …

Au risque de perdre tout crédibilité en tant que critique de cinéma, je l’avoue haut et fort, j’ai trouvé le film très moyen. La réalisation manque de spontanéité. Certaines scènes sont interminables, comme si le réalisateur doutait de sa capacité à faire passer un message au spectateur et s’y reprenait à plusieurs fois pour le faire, ajoutant immanquablement des longueurs à chaque passage crucial. Asghar Farhadi, qui vient du théatre, ne semble pas maîtriser encore tout à fait les différences d’avec le cinéma et nous propose un film qui manque de naturel.

L’autre grosse déception vient du jeu des deux principaux acteurs Bérénice Béjo qui n’arrive pas à exprimer une quelconque nervosité sans allumer une cigarette, et Tahar Rahim (révélé dans Un Prophète de Jacques Audiard) qui joue peut être trop bien le personnage mystérieux, ne laissant rien transparaître de ses émotions (et croyez moi il a de quoi en avoir).

Mais loin de moi l’idée de tout dénigrer dans ce film car le moins bon côtoie également le très bon. Tout d’abord, le jeu d’un extrême finesse d’un acteur iranien totalement inconnu, Ali Mosaffa, qui mériterait vraiment à se faire connaître. Il joue à merveille ce mari déchu qui va se retrouver en plein tumulte dans une famille qui n’est plus la sienne. Son interprétation est poignante! Un grand bravo à cet acteur formidable.

Le jeune acteur qui incarne Fouad, le fils du nouvel amant de Marie, est plutôt convaincant mais sa prestation ne m’a pas autant étonnée que celle d’autres jeunes acteurs comme ce fût le cas du jeune Thomas Horn dans Extrêmement fort et incroyablement près dont je vous parlais ici.

Vous l’aurez compris, Le Passé ne m’a pas vraiment convaincue même si je me suis sentie emportée par cette histoire plutôt dérangeante qui fait la part belles aux sentiments les plus communs. Malgré des maladresses que je trouve personnellement indigne d’une Palme d’Or (Le film est en compétition au Festival de Cannes cette année), je dois reconnaître qu’il ne s’agit pas d’un mauvais film et j’aurais plutôt tendance à vous recommander d’aller le voir pour vous faire votre propre opinion.

Bonne séance!

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