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runQue vous soyez sur le point de vous élancer pour votre premier marathon ou que vous soyez un coureur de marathon invétéré, cet article est fait pour vous: Il s’agit des Dix Commandements du Marathonien. Mieux vaut les suivre sous peine de voir son rêve de gloire se transformer en pire souvenir de votre existence … Il est fortement conseiller de les lire et de les garder en tête à chaque fois que vous prendrez le départ de cette course mythique!

1 – Une bonne nuit de sommeil, tu dormiras

Il est important de bien dormir avant une telle épreuve. Mais contrairement aux idées reçues, la nuit la plus réparatrice n’est pas celle qui précède l’épreuve mais la précédente. Inutile de se coucher plus tôt que d’habitude mais veillez à avoir une nuit complète et réparatrice.

2 – La météo, tu consulteras

Consulter la météo avant de partir rejoindre le départ est primordial afin de ne pas commettre d’impairs vestimentaires. N’hésitez pas à vous faire violence pour ne pas partir trop couvert. Il vaut mieux avoir un peu froid en attendant le départ que souffrir de la chaleur pendant la course. Enfin, s’il pleut pensez à vous munir d’une casquette: Cela vous permettra de courir un certain temps le visage au sec!

3 – Le réveil, tu règleras

Pensez à bien organiser votre avant-course. Tout doit être programmé (même le passage au petit coin). Ne prévoyez pas de rejoindre le départ au dernier moment, c’est le meilleur moyen d’oublier quelque chose d’important. J’ai connu quelqu’un (qui préfèrera sûrement rester anonyme 🙂 ) qui avait oublié son dossard. Fort heureusement la course n’était pas très loin de chez lui et il avait eu le temps de faire l’aller-retour pour le récupérer.

4 – Régulièrement tu boiras et mangeras

Un marathon c’est très long et l’effort prolongé nécessite de s’alimenter et de boire très régulièrement. N’attendez surtout pas d’avoir soif ou faim pour commencer à vous ravitailler! Il est fortement conseiller de boire par petites gorgées plutôt que de s’arrêter au stand de ravitaillement et de boire un verre complet. Pour le ravitaillement solide, pensez à étudier le parcours afin d’éviter de manger pendant les passages délicats que sont les montées, les stands de ravittaillement et le capharnüm des mètres suivants, les virages …

5 – Ton chrono, tu consulteras

On a toujours tendance à partir trop vite au marathon. L’excitation de la course, le manque de repère, la tentation de courir un moment avec un(e) ami(e). Attention danger! Vous n’allez pas vous en rendre compte tout de suite mais je vous garantis que dans les derniers kilomètres vous le regretterez amèrement. Il est donc essentiel de connaître son rythme de course et de s’interdire d’accélérer dans la première partie du parcours. Quoiqu’il arrive vous ne devez pas être essouflé(e), sous peine d’asphysxier ce qui vous sert de moteur: Vos muscles! Si vous veniez à l’être, n’hésitez pas à ralentir légèrement afin de retrouver une respiration calme, propice à une bonne oxygénation.

6 – En silence, tu souffriras

Pour ne rien vous cacher, il est fortement improbable que vous finissiez votre marathon sans souffrir au moins un peu. C’est plutôt une mauvaise nouvelle, non? Mais la bonne, c’est qu’il est parfaitement possible d’éviter la souffrance morale. Et pour cela, il faut lutter pour garder la face. Pas de gémissement, pas de grimace, pas de complainte. Haruki Murakimi raconte dans son excellent roman Autoportrait de l’auteur en coureur de fond (dont je vous recommande la lecture) qu’il répète sans cesse une rengaine durant les longues courses et que cela l’aide à ne pas penser à la douleur. J’ai essayé et je peux vous dire que ca fonctionne plutôt bien. Alors trouvez une phrase qui vous motive, apprenez-la et dès que vous commencerez à avoir des pensées négatives du genre « J’ai mal », « C’est loin »,  ou « Je n’y arriverai pas », forcez-vous à la répéter plusieurs fois! La douleur disparaîtra instantanément … ou pas! 🙂

7- A l’arrivée, tu exulteras

J’ai pour coutume de dire qu’il ne faut surtout pas considérer que la mi-course se situe au 21ème kilomètre. C’est sans compter sur la difficulté à courir la deuxième partie en ayant déjà couru la première! A vous de décider à quel moment vous aurez réellement accompli la moitié de votre effort. L’autre piège est de se sentir bien et d’accélérer trop loin de l’arrivée. Courir un marathon est un véritable exploit physique (au sens propre du terme) qui met à contribution bien entendu vos muscles mais également votre métabolisme. Si l’un ou l’autre vient à défaillir, c’est la catastrophe assurée. Il faut par conséquent ne jamais présumer de sa condition physique et savoir rester humble!

8 – Les autres coureurs, tu respecteras

Le respect commence dès le départ. Ne faites pas partie des coureurs qui pensent tirer une quelconque gloire à partir dans un SAS qui ne correspond pas à leur niveau. C’est inutile et surtout handicapant pour les coureurs situés derrière vous et qui devront faire un effort pour vous dépasser, ce qui est toujours éprouvant au vu de la concentration de coureurs dans les premiers kilomètres! Veillez pendant toute la course à ne pas déranger les autres coureurs en changeant de direction sans prévenir, en courant trop près du coureur situé devant vous, en vous mouchant sur votre voisin, en poussant aux ravitaillements, en vous arrêtant en plein milieu de la route … Pensez à remercier la personne qui vous remettra votre dossard, celle qui vous tendera une bouteille d’eau ou encore celle qui vous passera la médaille de Finisher autour du cou … N’oubliez pas que ces personnes sont souvent bénévoles! Bref, faites preuve de civisme!

9 – De la course, tu profiteras

Courir un marathon doit rester un plaisir! J’aime cette ambiance bonne enfant, si rare dans la vie de tous les jours. Ne foncez pas tête baissée, détendez-vous et profitez de l’ambiance explosive du départ, chaleureuse des premiers kilomètres avant de sentir la sollitude vous envahir au fur et à mesure que la course avance (et parfois pas très vite :P)

10 – Belle dans l’effort, tu seras

Si tous les autres commandements sont mixte (comme la course), celui-ci concerne surtout vous mesdames. Le parcours d’un marathon est souvent truffé de photographes officiels et officieux. Gardez bien cela en tête non seulement au moment de choisir votre tenue (Vous avez tout de même le droit d’ignorer la sacro sainte loi des « 3 couleurs et pas plus » mais pitié il s’agit de compétition de Running et non pas du Mauvais Goût) mais également pendant la course, pendant TOUTE la course! Sachez que tous les spectateurs sont potentiellement preneurs de clichés. Votre image va partir aux quatre coins de la France sans que vous puissiez les visualiser avant. Avez-vous vraiment envie de vous voir sur Pinterest quelques jours après, tirant la langue avec un oeil à moitié fermé?

Nos limites sont faites pour être dépassées, nos certitudes pour être remises en cause. Le marathon est une très bonne occasion de découvrir une facette de votre personnalité que vous ne connaissez surement pas. C’est le meilleur moyen d’apprendre à croire en soi. C’est une incroyable aventure qui vous mènera bien plus loin que la ligne d’arrivée.

« The thirst you feel in your throat and lungs will be gone minutes after the race is over. The pain in your legs within days, but the glory of your finish will last forever. »

( « La soif disparait quelques minutes après la fin de la course, les douleurs quelques jours plus tard mais la fierté de l’avoir fini ne s’atténuera jamais » – Traduction maison pour mes lecteurs et lectrices non anglophones)

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