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mudMud c’est le prénom de ce drôle de type, mendiant à moitié fou, sur lequel le jeune Ellis et son comparse Neckbone sont tombés en allant visiter une île coincée entre le Mississipi et l’Arkansas. Intrigués par le récit que leur fait cet inconnu de ses récentes aventures ainsi que celui de sa saisissante histoire d’amour avec la sublime Juniper, les deux garconnets ne vont pas hésiter à lui venir en aide afin qu’il puisse se sortir du pétrin dans lequel il s’est mis. Dangereuse ou pas, cette rencontre plutôt étrange va permettre aux deux enfants de sortir un peu de leur quotidien plutôt compliqué.

Tout est réussi dans ce film. Commençons par ce scénario original mettant en scène Matthew McConaughey (Le droit de tuer, La défense Lincoln, Paperboy) face à deux très jeunes acteurs plutôt doués. L’alchimie opère à merveille et confère au film une tendresse qui contraste tellement avec l’intrigue angoissante du film. On a également le plaisir d’apercevoir Reese Witherspoon (Sex Intentions, American Psycho, La revanche d’une blonde, Walk The Line, Et si c’était vrai, De l’eau pour les éléphants, Target)  bien loin des rôles de bimbo qui l’ont fait connaître, Sam Shepard (L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, La chute du faucon noir,  La neige tombait sur les cèdres) toujours aussi inquiétant et un acteur que j’apprécie tout particulièrement pour sa capacité à jouer des personnages mystérieux, Michael Shannon (Pearl Harbor, Les Noces Rebelles, Dans l’oeil d’un tueur, Take Shelter), partenaire de choix du réalisateur.

L’autre point fort de ce film est le décor dans lequel est tourné cette histoire. Cette Amérique profonde que l’on voit trop rarement au cinéma et dont Jeff Nichols, le réalisateur de Mud, est originaire. Car si les Etats-Unis sont surtout connu pour ses mégalopoles, sa soif de consommation … Elle l’est beaucoup moins pour ses campagnes où le temps semblent s’être arrêté , où les dernières avancées techniques ne semblent ne pas avoir prise.

Jeff Nichols nous livre donc une fois de plus un film tendre et dur à la fois, aussi réussi que le précédent, Take Shelter dont je vous parlais ici, bien que dans un registre complètement différent. C’est assez amusant de constater que ce cinéaste de talent se dise fortement influencé par Terrence Malick mais ait réussi à n’en retenir que les meilleurs enseignements dont cette façon de filmer la nature d’une manière si contemplative. Heureusement pour nous, il a laissé de côté la forte tendance au mysticisme de son mentor!

Profitez donc de ce weekend prolongé pour aller voir Mud, un film aussi original que réussi!

Bonne séance!

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