Mots-clefs

, ,

veldhiv2Ceux qui me suivent sur Twitter le savent déjà, j’ai eu récemment l’occasion de m’initier au vélo de piste lors d’une soirée organisée par un collègue de bureau. Après notre journée de travail, nous avons quitté le bureau direction le Vel d’hiv de Genève où l’Union Vélocipédique Genevoise propose des séances d’initiation. Les séances durent trois heures, de 18 à 21h, le temps de découvrir les rudiments de la pratique du cyclisme sur piste qui sont loin d’être évident, croyez-moi!

Première étape: L’équipement

Pour s’adonner à ce sport il vous faut:

  • Un cuissard: C’est l’élément indispensable à avoir avant de s’asseoir sur un vélo dit de course, dont les selles étroites sont d’une dureté dont votre entrejambe peut se souvenir jusqu’à quelques jours si vous avez roulé équipé d’un simple pantalon de jogging. Le cuissard, est un collant, corsaire ou short dont l’entrejambe est renforcée par un morceau de tissu relativement épais. Une fois enfiler vous avez l’impression d’avoir une couche! C’est le prix à payer pour, non pas éviter la douleur mais juste la diminuer et la rendre supportable!
  • Une paire de chaussure de cyclisme: C’est la deuxième étape de votre transformation. Muni de votre cuissard push-up spécial fessier, vous pouvez enfiler ces chaussures dont le talon est à l’avant! Il ne s’agit pas d’un véritable talon, mais du mécanisme qui vous permet de fixer votre pied à la pédale de votre vélo.
  • Un casque de vélo:  Les chutes à vélo peuvent être dangereuses, le casque est là pour vous protéger et accessoirement pour compléter votre no look!
  • Une paire de mitaines spécial vélo: Pas de mitaine, plein d’ampoules pour les mains les plus tendres et de la cagne pour les autres!
  • Un vélo adapté à la piste: Le vélo de piste présente quelques particularités par rapport au VTT dont vous vous servez pour aller chercher le pain tous les dimanches. Premièrement, il s’agit d’une vélo de type course avec un guidon que l’on appelle cintre, et qui nécessite d’être complètement recroquevillé sur le vélo (C’est là qu’on est heureux d’avoir un cuissard bien rembourré). Comme bon nombre de vélos de course, il possède un système de pédales dites automatiques. Comprenez, une pédale dans laquelle vient se caler votre chaussure et qui vous permet de ne faire plus qu’un avec votre monture. Il suffit pour se libérer d’effectuer un petit mouvement de rotation de la cheville vers l’extérieur pour que la chaussure se désolidarise de la pédale, le taux de réussite de cette opération avoisine les 100%! Je vous laisse devinez ce qu’il arrive si vous vous arrêtez les pieds encore attachés au vélo. Troisième particularité et non des moindres, le vélo de piste ne possède pas de freins! Enfin, il vous sera impossible de faire de la roue libre puisque votre vélo en sera dépourvu. En somme, vous allez devoir relever le défi de vous retrouver accrocher par les pieds à un vélo sans frein ni roue libre! Bonne chance!

Deuxième étape: Apprivoiser la piste

Équipés de la sorte, vous pouvez alors vous présenter au centre de la piste. La piste sur laquelle nous avons fait nos gammes s’appelle la Piste Tony Rominger, du nom du champion suisse vainqueur de plusieurs Tour d’Espagne et d’un Giro. Comme toutes les pistes, elle n’est pas plane et possède des virages à fort dénivelé, difficulté supplémentaire. Le long de la piste (celle de Genève mesure 166.66 mètres) sont tracées plusieurs lignes longitudinales:

veldhiv1

  • La Côte d’azur: C’est une bande bleu clair qui constitue la « bande d’arrêt d’urgence ». Comme celles de nos routes, il est formellement interdit d’y circuler sauf en cas d’arrêt obligatoire. Sachant que tout les monde tourne perché sur un vélo sans frein, ce n’est pas une sinécure d’avoir réserver un bout de piste pour les manœuvres d’urgence! C’est celle sur laquelle vous allez vous élancer, et celle sur la laquelle vous effectuerez la difficile manœuvre d’arrêt.
  • La ligne de mensuration: C’est une ligne noire situé 20 cm au dessus de la Côte d’Azur. C’est sa longueur qui détermine la longueur officielle de la piste, d’où son nom. C’est également celle sur laquelle vous roulez une fois que vous aveu atteint une certaine vitesse qui vous a permis de lâcher la Côte d’azur.
  • La ligne des sprinters: C’est une ligne rouge culminant 85 cm au-dessus de la ligne de mensuration. Il est interdit de doubler par la gauche un coureur qui s’y tient.
  • La ligne des stayers: De couleur bleue, c’est la ligne la plus éloignée du bord intérieur de la piste. Elle sert de repère pour doubler dans les épreuves de demi fond. Autant vous dire tout de suite, je n’ai pas eu l’audace d’aller l’effleurer tant elle me semblait haut-perchée.

Rouler est un jeu d’enfant: Vous enfourchez votre bicyclette, au point de ne faire plus qu’un avec elle et vous vous élancez. D’abord sur la Côte d’azur puis sur la ligne noire. Une fois que vous avez atteint une certaine vitesse, vous êtes fin prêt à négocier les virages dont le dénivelé vous rappelle votre première piste rouge de ski. En position du fœtus, l’essoufflement arrive relativement vite et il faut vous préparer à l’étape la plus difficile selon moi et qui consiste à arrêter votre bolide et à en descendre sans encombre. Après avoir ralenti et regagner tranquillement la Côte d’azur, il vous faut laisser aller vos jambes au rythme du vélo jusqu’à atteindre une vitesse suffisamment faible pour pouvoir détacher votre jambe d’appui et la poser au sol. Vous n’êtes pas tombé? Félicitations!

Troisième étape: Le Bilan

J’avais pas mal d’appréhensions avant même de me rendre au complexe sportif. Il est loin le temps où mon rêve le plus fou était de posséder un vélo de course pour imiter les champions du Tour de France dont je regardais inlassablement les exploits à la télévision durant le mois de juillet. Mon copain a tenté de me convertir aux sorties dominicales à vélo. Mais rien n’y fait, je n’arrive pas à me faire aux douleurs liées à la position inconfortable dans laquelle on se trouve sur un vélo de course je redoute terriblement les descentes! Difficile à la montagne où je vis, de trouver des parcours plats!

Une foie arrivée sur place, une personne nous a présenté le « vélo » et ses particularités tandis que nous pouvions admirer la déclivité des virages. Au premier coup d’œil on dirait pratiquement des murs. C’est a ce moment là que j’ai bien failli renoncer mais, la curiosité étant un vilain défaut, c’est avec la peur au ventre que je me suis élancée.

J’ai particulièrement aimé la sensation de vitesse et le fait de sentir la force centrifuge me pousser vers les bords relevés de la piste, le fait de pouvoir pédaler de tout son soûl afin d’avoir la vitesse nécessaire pour tourner entre la ligne des sprinters et des stayers. Je n’ai malheureusement pas pu participer à la petite compétition de fin de séance qui avait lieu entre les personnes plus à l’aise mais j’ai pu pendant ce temps faire quelques photos, qui sont loin d’être des clichés d’exception mais qui me permettront de conserver un souvenir de cette soirée mémorable et riches en émotions!

Budget: 20CHF par personne (soit environ 16 euros)

Bon week-end!

Publicités