coeurNous sommes aujourd’hui le 13 Mars et voilà donc 4 ans que ma vie a complètement changée.

Célibataire endurcie par des histoires tout plus catastrophiques les unes que les autres, je crois bien que je m’étais plus ou moins faite à l’idée de vivre seule. Les seuls moments difficiles à négocier restaient les soirées cinéma en tête à tête avec mon sac à main ou pire les soirées avec des amis en couple où on essaie toujours de vous caser avec l' »incasable », l’impossibilité d’aller au restaurant (Ne tentez jamais le restaurant en solo, c’est atroce), et je vous ai gardé le meilleur pour la fin, les voyages où vous êtes obligé de taper la discute à des inconnus histoire de ne pas revenir les cordes vocales totalement momifiées. Mis à part cela, j’en étais arrivée à la conclusion suite à mes précédentes expériences que toute situation présente des inconvénients et que le célibat était de loin celle qui en présentait le moins.

Et puis, … L’inexplicable est arrivé. Et dire que tant de personnes cherchent désespérément l’âme sœur, certains étant prêt à tout pour enfin connaître les joies de la vie à deux.

J’ai beau y repenser, le hasard fait bien les choses. Tout remonte à une époque où je n’étais pas encore arrivée à ces belles conclusions vantant les mérites du célibat. Ma tentative de vie en couple n’allait pourtant pas tarder de se terminer en véritable échec. Tout fraîchement employée, j’ai eu le droit en ce jour de septembre 2007 (le 3) de faire le tour de l’open space et d’être présentée à l’ensemble des collaborateurs. Inutile de vous dire qu’après quelques arrêts au différents bureaux j’ai abandonné toute idée de retenir les prénoms de mes nouveaux collègues, jusqu’à ce qu’on arrive à son bureau et qu’il me dise son prénom: Le même que mon copain! Paradoxalement c’est la personne qui m’a marquée le plus lors de cette première journée, celle qui n’a jamais eu à me rappeler à nouveau son prénom mais à qui j’ai soigneusement éviter de parler très longtemps et qui par timidité n’a jamais eu l’audace de venir à mon bureau!

Et puis, nous avons commencé à passer beaucoup de temps ensemble au bureau (pauses, repas, escapades sportives entre collègues, …) sans jamais échanger le moindre mot. Je ne saurais vous dire le moment à partir duquel j’ai compris. Et je repense toujours à ce texte de Montesquieu, parlant de l’amitié mais dont les mots traduisent assez bien l’alchimie de notre rencontre.

Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne sont qu’accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos âmes s’entretiennent. En l’amitié de quoi je parle, elles se mêlent et confondent l’une en l’autre, d’un mélange si universel qu’elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer, qu’en répondant : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi. »

Les Essais, livre Ier, chapitre XXVIII – Montaigne

Car c’est bien le mot. Il n’y a pas eu de coup de foudre, pas de discussion pour se convaincre l’un l’autre que nous étions fait l’un pour l’autre ni de tentative désespérée d’alliance pour ne pas finir vieux garçon ou vieille fille … Je ne vous cacherai pas que tout ne s’est pas fait dans la poésie et le romantisme. Mais le principal c’est qu’un de nous deux ait fait le premier pas et a permis à cette magnifique histoire de commencée.

Tout a été si vite que finalement j’ai beaucoup de mal à penser à ma vie d’avant et surtout à imaginer ma vie sans lui. Car c’est à la fois un soutien, un modèle, un ami dévoué, un partenaire sportif, un compagnon de voyage, un très bon collègue de bureau (Comme quoi il est parfaitement possible de travailler en paix avec son conjoint), un colocataire attentionné, et bien d’autres choses encore que la pudeur m’empêche de vous révéler 🙂 … et j’espère bien être aussi indispensable pour lui qu’il est pour moi.

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