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lincolnImpossible de faire l’impasse sur un film autant nominé pour la prochaine cérémonie des oscars et pour lequel la critique semble pour une fois unanime, affirmant qu’il s’agit d’un des meilleurs films de l’année.

Abraham Lincoln est le premier président républicain des Etats-Unis. Président anti-esclavagiste, son élection entraîne immédiatement la sécession de 11 états esclavagistes et la création de La Confédération dirigée par Jefferson Davis. S’ensuit la terrible Guerre de Sécession qui plonge l’amérique dans quatre années de massacres, entre 1861 et 1865. La reddition du général sudiste Lee (très connu des cruciverbistes) le 9 avril 1865 marque la fin des combats et de la guerre civile.

Mais Abraham Lincoln n’est pas seulement associé à cette guerre peu glorieuse au vu du nombre de victimes qu’elle a faite, il est aussi l’initiateur célébrissime XIIIème amendement de la Constitution des Etats-Unis qui a officiellement aboli et interdit l’escalavage aux Etats-Unis et dont voici le texte (pour les allergiques à la VO, vous trouverez la traduction ici):

« Section 1. Neither slavery nor involuntary servitude, except as a punishment for crime where of the party shall have been duly convicted, shall exist within the United States, or any place subject to their jurisdiction. »

« Section 2. Congress shall have the power to enforce this article by appropriate legislation. »

Sur fond de guerre de Sécession, Lincoln raconte son combat qui déboucha sur l’adoption de l’amendement par le parlement le 6 décembre 1865.

Steven Spielberg nourri une véritable fascination depuis son plus jeune âge pour ce président si charismatique et nourrissait l’espoir d’en faire l’objet d’un de ces films depuis de nombreuses années. C’est chose faite et de fort belle manière. L’acteur Daniel Day-Lewis (There will be blood, Gangs of New-York) interprète magnifiquement le président et mérite tout à fait l’oscar du meilleur acteur pour ce rôle.

Malheureusement, il est difficile pour nous, pauvres européens relativement peu au fait de l’histoire de la première puissance mondiale, d’apprécier à sa juste valeur cette interminable fresque historique teintée de patriotisme et de mises en scènes trop léchées. Difficile de ne pas douter en admirant avec quelle discipline les débats ont eu lieu lors des discussions préliminaires au vote de cet amendement si contesté. Les scènes s’enchaînent, les propos injurieux fusent mais personne ne se voit couper la parole! Que les députés français prennent exemple et évitent de ce donner en spectacle sur la chaîne parlementaire en parlant tous en même temps! Difficile également d’imaginer des soldats estropiés d’une dignité exemplaire, souriant au président qui vient les féliciter pour leur sacrifice.

Tout semble trop orchestré, le film perd en crédibilité malgré une reconstitution minutieuse des faits, des décors et des costumes … Spielberg a semble-t-il trop versé dans le sysmbolisme, dans l’idéalisation de cet épisode clé de l’histoire de son pays. Si son choix est très apprécié par ses concitoyens qui sont assez friand du genre, il n’est malheureusement pas le plus adapté pour le public français, plus enclins aux faits historiques qu’au patriostime exacerbé. Mais ne perdons pas de vue que ce film est avant tout destiné aux Etats-Unis et qu’il est à ce titre une véritable réussite. Malgré ce déferlement de critiques, je vous conseille de prendre le temps de le voir, ne serait-ce que pour apprécier le rôle certes secondaire mais décoiffant de Tommy Lee Jones!

Bonne séance!

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