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philadelphiaC’est une des rares semaines de l’année où je ne vais pas au cinéma. Je ne pouvais pourtant pas renoncer à mon article hebdomadaire. Au programme de ce jeudi, un film qui commence à dater mais qui fait partie des ces films qu’il faut avoir vu.

Philadelphia est l’histoire d’un brillant avocat,  Andrews Beckett, qui a la suite d’une supposée erreur professionnelle se fait licencier par le cabinet prestigieux qui l’embauchait. Mais la vérité, Andrews et ses proches la connaissent: En effet, en ce début des années 1980, Mr. Beckett a en effet le double tort d’être non seulement gay mais également d’avoir contracté le virus du SIDA.  Faute impardonnable pour ses associés!

Menant déjà un lutte sans merci contre la maladie qui progresse, Andrews attaque en justice son ex-employeur pour licenciement abusif, objectant que son éviction n’est en rien dû à ses compétences mais le résultat d’un acte de discrimination, passible de poursuite aux États-Unis. La partie est loin d’être gagnée, la cause étant jugée indéfendable par l’avocat qu’il contacte pour le défendre. Joe Miller est un avocat afro-américain, véritable star médiatique et accessoirement homophobe notoire. Il va au cours de sa collaboration avec Andrews non pas attraper le SIDA, comme il le croît fermement à sa première rencontre avec son client mais apprendre à laisser ses préjugés et sa peur de l’inconnu loin derrière lui pour se lancer corps et âme dans la défense d’une cause alors perdue d’avance.

L’interprétation de Tom Hanks, qui n’a pas hésité à perdre jusqu’à 10kg pour être crédible, et de Denzel Washington est simplement magistrale. On plonge dans le passé à contrecœur pour constater combien les choses ont heureusement évoluées aussi bien en matière de tolérance vis à vis de la population gay mais également en matière de traitement des personnes atteintes du SIDA et pour mesurer le chemin qui reste encore à parcourir pour qu’il n’y ait effectivement plus aucune discrimination à l’égard de certains d’entre nous. Débat on ne peut plus d’actualité!

On appréciera la bande originale comprenant notamment des airs de Bruce Springsteen,  de Peter Gabriel et d’une véritable perle de l’opéra Andréa Chénier: La mamma morta chantée par Maria Callas dont voici une version. Difficile de ne pas apprécier cette merveille, même pour les plus réticents à la musique classique, n’est-ce-pas?

Enfin, je ne peux pas terminer cet article sans vous parler d’un certain Geoffrey Bowers, avocat licencié abusivement par le très connu cabinet Baker & McKenzie pour avoir, comme Andrews, été contaminé par le virus du SIDA au temps où cela consituait un crime aux yeux de certains! Sa famille a pu profiter des retombées financières liées au succès planétaire du film, après conciliation bien entendu! 🙂

Bonne séance!

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