Mots-clefs

, , , , ,

detachmentL’approche des fêtes de fin d’années rendent les enfants nerveux c’est bien connu mais également certains adultes. Heureux de pouvoir retrouver l’intégralité de leurs cousins et cousines, oncles et tantes, aïeules et aïeux pour les plus jeunes et les plus chanceux, ils ne tiennent plus en place, ont du mal à se concentrer au travail. Bref certains adultes semblent être trop heureux à l’approche de Noël. Ce film est pour eux. Pour les autres, ceux qui ne baignent pas totalement dans l’euphorie de Noël, ceux qui n’oublient pas leur tracas quotidiens, ne vous installez pas devant ce film sous peine de ne pas remplir votre rôle de bout en train, celui que vous occupez depuis des années et qui ravit l’ensemble de vos proches!

Detachment, c’est l’histoire de Henry Barthes, professeur remplaçant, réputé pour la qualité de son travail. Sa recette: Le détachement. Persuadé que rien ne peut l’atteindre, Henry arrive sûr de lui dans ce lycée difficile de la banlieue new-yorkaise pour une vacation de trois semaines. S’enchaînent alors sous ses yeux une série de scènes plus révoltantes les unes que les autres dans ce lycée où les professeurs semblent être passer depuis longtemps du côté de la force obscure. Leur comportement semble tout droit sorti d’un film sur les zombies. Une véritable équipe de bras cassés:

  • La proviseure à qui on a annoncé son renvoi en fin d’année et qui ne veut pas laisser sa place
  • La conseillère d’orientation (interprétée par la jolie Lucy Liu) au bord de la crise de nerfs à chaque entretien avec les élèves
  • Melle Madison (interprétée par la pulpeuse Christina Hendricks, vue dans Mad Men) qui appréhende l’arrivée du week-end et n’hésite par à embrasser un collègue à qui elle a demandé en pleurs de l’accompagner manger un vendredi soir
  • Mr Seaboldt qui consulte des revues pornographiques sur son lieu de travail et se gave de pilules qui lui font tenir parfois des propos quelque peu déroutants

C’est au milieu de ce cirque qu’Henry va devoir prendre en charge une classe. La tâche s’avère dès les premiers instants très ardue mais Mr Barthes (interprété par Adrian Brody, véritable star depuis sa participation au film « Le Pianiste ») ne semble pas se décourager. Il faut dire que les difficultés qu’il rencontre dans sa vie professionnelle n’ont vraiment rien à voir avec les drames qui inondent sa vie privée.

Le sujet principal de ce film m’est pas seulement une évocation de la dure vie des professeurs en zone sensibles. Pour le débat autour des difficultés du corps enseignant mieux vaut vous tourner vers d’autres films plus connus comme Entre les murs qui a obtenu la palme d’or à Cannes en 2008, ou encore vers Le plus beau métier du monde qui ne manquera pas de vous faire sourire (A noter la présence les débuts au cinéma d’un nouvel acteur belge :)) voir même pour les plus audacieux vers La Journée de la jupe avec Isabelle Adjani. Le réalisateur, Tony Kaye, est peu coutumier des films traitant de sujets légers, on lui doit notamment American History X, il nous livre ici un film très noir où le déclin de l’éducation (parentale et scolaire) semble inexorable, où la jeunesse n’a pas de rêve mais tente de simplement survivre, de surmonter les difficultés de la vie. Pire que des scènes traumatisantes, une sensation de désespoir vous envahit et peine à se dissiper une fois le générique final passé. Expérience désagréable et non constructive pour ma part, j’espère qu’il n’en sera pas de même pour vous!

Bonne séance!

Publicités