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saumonsBien qu’on me l’ait vivement déconseillé, Des saumons dans le désert possède un atout indéniable à mes yeux valant à lui seul la peine de prendre le temps de s’installer devant ce film au sujet quelque peu déroutant : Son casting et plus particulièrement la présence simultanée de deux acteurs dont j’admire particulièrement le jeu. Le premier n’est autre qu’Ewan McGregor récemment à l’affiche du film The Impossible (pour la critique c’est par ici) et la deuxième est la formidable Kristin Scott Thomas dont on a pu savourer le jeu dans Elle s’appelait Sarah. On en oublierait presque la jeune et talentueuse Emily Blunt et Le Georges Clooney égyptien. Si si mesdames ne vous en déplaise, Amr Waked est une véritable star dans son pays et a profité d’une opportunité rarissime : Figurer au casting d’un film occidental dans un rôle qui ne soit pas celui d’un terroriste ! Bref vous l’aurez compris, impossible de ne pas prendre le temps de se faire son propre avis sur un film si bien servi et orchestré de main de maître par le réalisateur non seulement de l’original Slumdog Millionaire mais également du moins connu Gilbert Grape, film qui a révélé les dons de comédien d’un certain Leonardo Di Caprio qui a commencé sa carrière quelques années avant la sortie de Titanic et confirmé ceux d’un certain Johnny Depp!

Des saumons dans le désert est l’histoire d’un prince arabe désireux de réaliser l’impossible : Introduire des saumons dans les rivières de son pays, le Yémen. Projet insensé, loufoque … irréalisable. C’est également l’avis du Docteur Alfred Jones, employé blasé du ministère de l’agriculture et par ailleurs pêcheur amateur passionné. Il va malheureusement devoir changer d’avis car l’implantation des saumons dans le désert yéménite va devenir une cause nationale orchestrée par une maniaque de la communication désireuse de relayer le conflit orient-occident aux oubliettes! On assiste dès lors à une véritable satyre de la gestion des relations diplomatiques de la Grande-Bretagne et de leur couverture médiatique! Nos amis les journalistes en prennent pour leur grade! Le réalisateur a volontairement minimiser l’aspect politique du roman (Partie de pêche au Yémen de Paul Torday, paru en 2006) dont est tiré le film, préférant plutôt mettre en avant la romance entre deux des protagonistes de l’aventure.

Car Alfred Jones, scientifique incompris (Il n’y a qu’à voir les sujets sur lesquels il travaille pour deviner la teneur de la discussion que vous pourrez avoir avec lui si vous l’inviter à manger), n’est pas ce que l’on appelle un personnage exubérant. Il va pourtant devoir faire de gros efforts pour s’adapter à la personnalité de sa collègue d’infortune, Harriet, jeune chargée d’affaire et responsable des activités du prince, qui est plutôt très jolie et loin d’être réservée! A priori ces deux là n’ont rien en commun et il semble peu probable qu’ils n’éprouve l’un envers l’autre ne serait-ce que de la pitié, de la sympathie. Mais, contre toute attente (du moins en théorie :)), face aux difficultés et aux brèves satisfactions auxquelles ils vont être tous deux confrontées  au cours de ce projet si spécial, ils vont non seulement se découvrir l’un l’autre mais également se découvrir eux-mêmes. Ce projet va être l’occasion de débuter une nouvelle vie, chose qu’il n’auraient jamais cru possible un jour. Comme quoi tout projet, aussi déraisonnable qu’il puissent être,  peut aboutir … il suffit d’y croire!

Même si la romance est d’un classicisme absolu, ce film nous invite à une véritable réflexion: Quel sens souhaite-t-on donner à sa vie? Doit-on réellement se contenter de peu, se satisfaire du train-train quotidien? Doit-on considérer comme désespérés certains combats? Autant de questions auxquelles il est bon de réfléchir de temps en temps afin de profiter pleinement de notre unique passage en ce bas monde.

Bonne séance

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