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Khao Lak, 26 Décembre 2004

Alors qu’il viennent de fêter Noël en famille avec leur trois garçons, Maria et Henry vont vivre l’enfer. Car ils se retrouvent comme des milliers de touristes , au mauvais endroit au mauvais moment en cette fin d’année 2004. Il est environ 11h lorsqu’un mur d’eau s’abat littéralement sur le village. Séparés suite au passage des énormes vagues, blessés plus ou moins sérieusement, dès lors seule la survie compte. Mais pour qui survit-on? Pour revoir son amour de jeunesse avec qui on a construit une famille, pour ne pas laisser seuls ses enfants à qui on tient comme à la prunelle de ses yeux, pour ses parents qui semblent si vulnérables … Chacun va devoir se surpasser pour ceux qu’il aime, le doute et la résignation n’ont pas leur place dans cette lutte pour la vie!

Le passage du tsunami en Thaïlande a détruit près de 400 villages faisant de ce pays le deuxième pays le plus touché financièrement par la catastrophe. Les dégâts ont été estimés à plus de 2 milliards de dollars américains. Le bilan humain est effrayant on compte 5400 morts, 2850 disparus et près de 8500 blessés.

Naomi Watts incarne magistralement le personnage de Maria Belon dont est tirée l’histoire du film. Elle interpréte avec une justesse remarquable cette mère à la fois morte de peur, paralysée par la douleur mais déterminée à se battre pour sa famille.

Ewan McGregor, on le sait, est un acteur remarquable. Il ne fait que confirmer ce statut en jouant le rôle du mari de Maria, qui semble animé par un instinct de survie immense, dicté par son amour pour sa femme et ses fils.

Tony Holland, dont c’est le premier film, réalise une très bonne prestation évitant avec soin le piège de l’exagération dans lequel tombent trop souvent les acteurs dans les films catastrophes.

Avec des effets spéciaux savamment dosés, des scènes d’une véritable authenticité, The Impossible est loin du stéréotype du film catastrophe à gros budget où le sensationnel et l’héroïsme clinquant occupent le haut de l’affiche. Il nous invite à réfléchir sur le sens de la vie, sur l’importance de l’amour et des relations humaines en général. D’autre part si dans un premier temps tout le monde semble sur un pied d’égalité dans la lutte pour s’en sortir, les différences sociales ne tardent pas à refaire surface. La fin du film approchant, une gêne s’installe voir un sentiment de culpabilité en prenant enfin la mesure du chaos dans lequel les populations locales ont été plongées et ce dans la quasi indifférence mondiale!

On regrettera tout de même, et c’est bien là la seule remarque négative,  un goût trop prononcé pour le violon qui accompagne inutilement les scènes dont l’intensité émotionnelle est largement servie par le jeu des acteurs et le fait que l’on sache qu’il s’agit d’une histoire vraie.

Bonne séance!

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