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Paperboy  est l’adaptation cinématographique d’un roman de Pete Dexter qui relate un fait divers ayant eu lieu en Floride à la fin des années 1960. Si c’est Pedro Almodovar qui a senti le premier que cette histoire méritait d’être mise en scène c’est finalement Lee Daniels, réalisateur du troublant mais non moins merveilleux Precious,  qui s’est lancé dans l’aventure.  Les acteurs ont tous un rôle très éloigné de ceux qu’on leur connaît habituellement : Matthew McConaughey ne fait pas tomber les filles, Zac Elfron a délaissé les films pour adolescents, John Cusack n’est plus un modèle de personnage pour comédie romantique et enfin Nicole Kidman, d’habitude si froide et distinguée, s’est glissé dans la peau de son contraire!  Ce casting époustouflant est, selon moi, le premier atout du film.

L’histoire se déroule donc à Lately en Floride en 1969. Ward Jansen, reporter au Miami Times, revient dans son village natal afin d’écrire un article sur Hillary Van Wetter. Ce dernier, accusé du meurtre du shérif attend d’être exécuté. Ward est persuadé que Hillary est innocent et que s’il arrive à le prouver et à en faire un article, sa carrière sera relancée. C’est autour de ce personnage que gravite une fine équipe, parmi lesquels: Yardley Acheman le partenaire d’écriture légèrement mythomane, Charlotte  la bimbo  hystérique adepte à la correspondance érotique avec des détenus et Jack Jansen le frère cadet nageur à la retraire reconverti dans la distribution de journal. Si tout semble opposer ces personnages hauts en couleur, il ont pourtant un point commun et pas des moindre: Chacun possède un côté sombre qui va se révéler au fur et à mesure que le film avance. Ce scénario à tension crescendo est incontestablement le deuxième atout du film.

La réalisation est elle aussi une réussite. L’atmosphère chaude et humide de la Floride est extrêmement bien rendue, tout comme l’univers des années 60. Les effets au montage savamment utilisés, l’intrigue est claire et le tout est bien rythmé. La présence de scènes de sexe très crues et de scènes de violence d’une extrême brutalité, n’est pas comme dans de trop nombreux films superflue et malvenue, elle confère au film une dimension quasi-réelle qui nous donne l’impression d’être à la place de Jack  et de découvrir l’envers du décor, de découvrir la vie et ce qu’elle a de plus noir, de plus cruel!

Bref, vous l’aurez compris ce film est à couper le souffle. Âmes sensibles ne vous abstenez pas! Certes vous aurez sûrement à détourner le regard de certaines scènes, mais je vous certifie que vous n’aurez pas l’impression d’être aller satisfaire un plaisir malsain de voyeurisme en sortant: Une impression du genre de celle que l’on pouvait avoir en sortant d’une projection d’un épisode de la série Saw ou du film Taken pour parler de films plus récents. Juste une petite remarque sur la mention du film « Interdit au moins de 12 ans »: Parce que le film est très réaliste et traite de sujets relativement durs, il est préférable de le recommander aux plus de 14 ans (voir 16 ans …)!

Bonne séance!

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